Lettre ouverte aux élu.e.s du 24/02/18

Lettre ouverte à Monsieur le Président de la République, Monsieur Macron,

 

Lettre ouverte à Madame Macron, Première Dame de France,

 

Lettre ouverte à Madame Buzyn, Ministre des solidarités et de la santé,

 

Lettre ouverte à Monsieur Saurel Philippe, Maire de Montpellier et Président de Montpellier Méditerranée Métropole ,

 

Lettre ouverte à Madame Mirallès Patricia, Députée de l’Hérault, Ajointe territoriale à la ville de Montpellier et Marraine du Festival Al Andalus,

 

 

 

 

 

Montpellier le 24 février 2018,

 

 

 

 

 

Vous n’aurez rien, ni les larmes, ni la colère.

 

Vous n’aurez rien que la combativité et l’exigence d’une vie meilleure pour tous.

 

Vous ne voulez pas mettre en œuvre le « vivre ensemble ».

 

Vous trouvez toujours d’excellentes raisons pour reporter les échéances, accorder des dérogations.

 

Vous prétendez pourtant la question du handicap prioritaire.

 

Mais qu’il en soit sur les revenus, le logement, les transports, l’emploi, l’éducation, l’accès aux soins, la culture ; le handicap cultive toutes les difficultés.

 

Organiser sa vie en voulant se coucher tardivement, sortir et aller où bon vous semble est un bras de  fer permanent.

 

Je mène ce bras de fer depuis ma naissance, si vous voulez savoir toute l’histoire, lisez « gribouillis de pensées » de Mino Dérive aux éditions Edilivre. Ce livre qui n’est dans aucune librairie relate une partie de mon vécu.

 

Je n’ai pas grand-chose à vous vendre à part cette histoire.

 

Je ne la vends pas, je vous la donne, je l’échange contre n’importe lequel d’entre vous.

 

Je ne veux pas me coucher à 18h, je veux une organisation sereine, les jours fériés, les week-ends.

 

Cela suppose des moyens, pas seulement pour les personnes handicapées, mais aussi pour les personnes âgées. Je vous parle de dépendance, de « bientraitance ».

 

Comprenez bien que je ne suis pas là à mendier quelques piécettes.

 

Je ne suis pas une « gueuse », même si au fond vous me traitez comme telle.

 

Je sais que là je vous regarde droit dans les yeux, je vous interpelle d’égal à égal : Citoyenne et femme.

 

«Handicapé» n’est rien qu’un état.

 

Je m’identifie dans ce corps « imparfait » comme une FEMME, vous ne voyez que le fauteuil, tout s’arrête pour vous au fauteuil.

 

Comment pourrait-il en être autrement ?

 

Pas une semaine sans que dans l’indifférence totale, je ne puisse accéder à un lieu qui reçoit du public.

 

J’ai rompu le silence, j’ai écrit tout d’abord aux élus locaux. Je n’ai pas eu de réponse.

 

J’écrivais à titre individuel.

 

En 2012, voyant que la loi du 11 février 2005, loi pour l'égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées allait voir son échéance reportée, j’ai créé avec mon entourage « militant » l’association Hactions.

 

Je pensais naïvement que cela aurait plus d’impact, je n’ai pas eu d’avantage de réponses.

 

Sur la pression des articles parus, j’ai été reçue deux fois et J’ai eu il y a quelques mois, la secrétaire du cabinet de Monsieur le Maire au téléphone qui m’a annoncé « tout ce qui est réalisé » pour mener à bien cette mission.

 

Je souris, tant c’est poudre aux yeux, ramené au budget d’une ville, voire d’un pays, l’effort fourni en France est illusoire.

 

Vous allez me justifier que ce sont des sommes colossales, que vous ne pouvez pas, que vos prédécesseurs non pas etc…

 

Ce discours vous déconsidère. 

 

Si j’écris ce soir, c’est que je devais aller au Festival Al Andalus. J’avais acheté ma place (N°6) sur internet bien en avance.

 

La représentation de ce soir était salle Molière à l’Opéra Comédie de Montpellier. Il m’avait été donné à croire que depuis les derniers travaux de mise en place de la rampe qui permet l’achat des billets (boulevard Victor Hugo) tout était accessible.

 

La veille à la salle Pétrarque pour le même Festival, pas de toilettes accessibles, prévoir une soirée de plus de 4h dans cette salle, avec une pause thé et pâtisseries à l’entracte. C’est limite en terme de respect des personnes en situation de handicap.

 

Ce matin lorsque mon téléphone a sonné, c’était pour m’annoncer que contrairement à ce qui m’avait été annoncé, la salle Molière n’était pas accessible.

 

Tout le monde en est désolé, même la Députée, Ajointe à la ville territoriale et Marraine de ce Festival va s’excuser.

 

Monsieur Saurel n’y manquera pas non plus par voie de presse de contrer mes propos.

 

Il a d’autres priorités, il trouve de l’argent pour construire des nouveaux stades, mais pas pour mettre aux normes les mairies de proximité, les maisons pour tous…

 

Pour voter, je dois faire plus de 2km en roulant (voirie pas franchement en bon état et croisement dangereux), il n’y a pas de moyens de transport mis en place les jours de vote. Je ne suis plus adhérente du GIHP et ils ont accepté la dernière fois de me transporter lorsque j’ai parlé de « délégation de services publics » qui à ce titre reçoit des subventions.

 

Je voudrais ne plus avoir à me battre tous les jours, ne plus remplir les mêmes dossiers MDPH tous les 3 ans, avec un « projet de vie ». Voilà quand même 60 années que je suis dans cet état.

 

Ma vie n’est pas négociable, ma liberté est la même que la vôtre.

 

Je dois pouvoir aller, venir et vivre comme je le souhaite.

 

Je dis exclusivement « je », le monde du handicap ne se reconnaît pas forcément dans cette vie-là, mais je crois que beaucoup ont fini par ne plus voir les murs qui les entourent.

 

Je veux exploser les « murs » et lorsque je fermerai les yeux, laisser à mes jeunes confrères et consœurs d’infortune une vie meilleure que la mienne, une vie plus facile et digne.

 

Je vous remercie de m’apporter les réponses et de mettre en œuvre immédiatement la loi du 11 février 2005 telle qu’elle a été votée et non pas avec les amendements qui l’effacent et l’estompent petit à petit.

 

Fraternelles salutations.

 

Dominique MINANA

 

 

 

Je remercie la Marseillaise et Annie Menras en particulier pour cet excellent article du 16/02/18 qui résume parfaitement ma situation.

 

Domi MINANA

 #HANDICAP #ACCESSIBILITE #DIAGONAL #MONTPELLIER

Présentation de l'association.

En référence à la convention internationale des droits de la personne handicapée ratifiée  par la France le 17 février 2010 et des directives européennes 2000/43/CE et 2000/78/CE, le principe d’égalité des citoyens et de non discrimination a été renforcé.

En conséquence, sachant que nul ne peut être discriminé pour des raisons liées à : l’âge,  le sexe, l’origine,  la situation de famille, l’orientation sexuelle, les mœurs, les caractéristiques génétiques, l’appartenance vraie ou supposée, à une ethnie, une nation, une race, l’apparence physique, le handicap, l’état de santé, l’état de grossesse,  le patronyme, les opinions politiques, les convictions religieuses, les activités syndicales ; l’association se veut  défenseuse de la dignité et du respect du droit des personnes.

L’association  se propose d’intervenir dans tous les domaines où cette discrimination est manifeste pour les personnes en situation de handicap.

L’association se donne la possibilité de mener toutes les actions médiatiques possibles pour alerter l’opinion publique sur les restrictions d’accès qu’ils subissent.

Elle prône le principe d’égalité des citoyens et de non discrimination.

 

Dans le Blog vous trouverez notre parcours en Espagne du 8 au 28 avril 2018.

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